Aller au contenu principal
Fermer

Au Maroc, des législatives marquées par une participation au plus bas depuis près de 20 ans
information fournie par AFP 24/09/2026 à 02:06
Ajouter Boursorama à vos sources

Une femme s'apprête à voter lors des élections législatives marocaines, dans un bureau de vote installé dans le quartier des Oudayas, à Rabat, le 23 septembre 2026 ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Une femme s'apprête à voter lors des élections législatives marocaines, dans un bureau de vote installé dans le quartier des Oudayas, à Rabat, le 23 septembre 2026 ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Les législatives de mercredi au Maroc ont enregistré un taux de participation de 38,02%, le plus faible depuis presque 20 ans, sur fond de défiance envers la classe politique et d'inquiétudes autour du chômage et des inégalités.

Le scrutin s'est aussi tenu moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta, largement perçue comme le symptôme du malaise d'une partie de la jeunesse marocaine.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que la participation avait atteint 38,02% à l'échelle nationale quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, en ajoutant que le processus électoral s'était "déroulé dans des conditions normales dans toutes les régions du royaume", à l'exception de "quelques cas très isolés".

Le taux recule fortement par rapport aux 50,35% enregistrés en 2021 et tombe à son plus bas niveau depuis les législatives de 2007 (36,89%).

Près de 16 millions de personnes, sur 36 millions d'habitants, étaient appelées aux urnes pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants.

Plus "confiance"

La participation, notamment chez les jeunes, était suivie de près après l'afflux massif de migrants vers l'enclave espagnole de Ceuta fin juillet.

Cet épisode avait exposé au grand jour le manque de perspectives d'une partie de la jeunesse, alors même que le royaume affiche une croissance soutenue et multiplie les grands chantiers en vue du Mondial-2030, organisé avec l'Espagne et le Portugal.

Or "le pari du Mondial-2030 est coûteux" et les sommes investies pour cet événement sont jugées "par une partie de la population en décalage avec les priorités socio-territoriales du royaume: les services publics défaillants, l'enclavement rural (...), le chômage élevé", explique la chercheuse indépendante Lamia Elfehaim sur le site d'Arab Reform Initiative.

Si la crise de Ceuta n'a pas été au cœur de la campagne, les raisons qui l'ont sous-tendue ont en revanche irrigué les débats.

"Je ne vais pas voter car j'ai perdu toute confiance dans la classe politique", a déclaré à l'AFP à Rabat Majda Bakatir, 59 ans.

"Nous voulons que notre pays aille de l'avant mais les politiques ne semblent pas se soucier de nos problèmes liés à la santé, l'éducation et le pouvoir d'achat", ajoute la quinquagénaire.

Au contraire, Karim Ennaciri, 55 ans, juge que "c'est ce processus électoral qui va nous permettre de savoir s'il y a un renouveau au sein des partis".

Le nouveau chef du gouvernement sera issu du parti arrivé en tête des législatives. Nommé par le roi Mohammed VI, il sera chargé de former un exécutif pour cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l'apanage du monarque.

Bataille des partis

En l'absence de sondages, interdits par la loi électorale, la presse et les observateurs mettent le Rassemblement national des indépendants (RNI), à la tête de l'actuelle coalition gouvernementale, parmi les favoris.

Un électeur se fait marquer le doigt après avoir voté lors des législatives à Rabat, le 23 septembre 2026 au Maroc ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Un électeur se fait marquer le doigt après avoir voté lors des législatives à Rabat, le 23 septembre 2026 au Maroc ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Malgré son retrait de la direction du RNI, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a conduit la campagne de son parti.

"Nous avons mené des réformes de l'éducation et la santé, nous avons augmenté les salaires (...). Nous avons répondu présents lorsque (les Marocains) avaient besoin de nous", a déclaré M. Akhannouch lors d'un meeting.

Toutefois, le riche homme d'affaires est souvent rattrapé par des accusations de conflits d'intérêts en lien avec sa société Afriquia, leader de la distribution d'hydrocarbures au Maroc.

L'autre formation politique favorite est le Parti authenticité et modernité (PAM). Les deux partis de centre-droit, idéologiquement voisins, ont été fondés par des personnalités proches du palais.

Un électeur vote lors des législatives à Rabat, le 23 septembre 2026 au Maroc ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Un électeur vote lors des législatives à Rabat, le 23 septembre 2026 au Maroc ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Il y a quelques semaines, le PAM a réussi à rallier une figure populaire: le ministre chargé du Budget Fouzi Lekjaa, jusqu'ici davantage connu pour son rôle à la tête de la Fédération royale marocaine de football.

"A travers notre programme, nous souhaitons faire de la jeunesse une force capable d'apporter de la valeur ajoutée plutôt que d'être laissée pour compte", a dit M. Lekjaa durant la campagne.

Dans l'opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) dit vouloir incarner la "rupture" pour "combattre" la corruption.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Des flammes et de la fumée s'élèvent d'une zone touchée par une frappe aérienne à Kandahar, en Afghanistan, le 24 septembre 2026 ( AFP / STR )
    information fournie par AFP 24.09.2026 05:47 

    Le Pakistan a annoncé jeudi avoir mené de nouvelles frappes aériennes en Afghanistan, un habitant affirmant à l'AFP que Kandahar, qui abrite le chef suprême des autorités talibanes, avait été visée. Ce témoin a entendu le bruit d'un avion à réaction, suivi par ... Lire la suite

  • Le président américain Donald Trump accueille son homologue chinois Xi Jinping à son arrivée à Joint Base Andrews, dans le Maryland (est), le 23 septembre 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
    information fournie par AFP 24.09.2026 03:41 

    Après s'être déplacé mercredi pour accueillir Xi Jinping à sa descente d'avion, Donald Trump sera à nouveau aux petits soins jeudi pour le président chinois, dont la visite a déjà rempli son principal objectif: prolonger la trêve commerciale entre Washington et ... Lire la suite

  • Le président iranien Massoud Pezeshkian lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 23 septembre 2026 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
    information fournie par AFP 24.09.2026 03:21 

    Dans un discours très offensif devant l'ONU, le président iranien a promis mercredi à Donald Trump que son pays ne "baisserait pas la tête", s'estimant victime du "terrorisme" américain. Répondant au locataire de la Maison Blanche, qui la veille menaçait d'"annihiler" ... Lire la suite

  • Des habitants de Kiev dans un abri pendant une attaque aérienne russe, le 23 septembre 2026 ( AFP / Genya Savilov )
    information fournie par AFP 24.09.2026 02:48 

    Au moins deux personnes ont été tuées jeudi dans une série de frappes russes sur Kiev, où des journalistes de l'AFP ont entendu des dizaines de violentes explosions en pleine alerte aux missiles. Au moins une vingtaine d'explosions ont eu lieu, selon ces journalistes, ... Lire la suite

Pages les plus populaires